|
|
Par Natacha Maubant
La perte d’un être cher est un bouleversement qui semble insurmontable. Personne n’y est préparé : la réalité est tellement dramatique, tellement insupportable, qu’on a le sentiment que plus rien ne sera possible. Lorsque la mort est inattendue et soudaine, il faut non seulement supporter la douleur de la perte, la culpabilité de ne pas avoir tout fait pour l’empêcher mais aussi le regret de ne pas avoir dit au-revoir au défunt.
Comment supporter cette injustice de la vie ? Nous savons que la mort nous attend mais jamais nous pouvons nous attendre à un accident de la route ou à la mort subite d’un proche. Pourquoi est-ce arrivé ? Comment cela aurait pu être évité ? Comment trouver un sens à tout ça ? En parler permet d’évacuer sa douleur petit à petit même si le chemin est long et difficile. Faire son deuil c’est apprendre à vivre sans l’autre mais sans l’oublier. Car le travail de deuil ne consiste pas à oublier l’être aimé mais à établir un lien particulier avec lui tout en continuant à vivre.
Elaborer un rituel afin de rendre possible un contact intime avec la personne défunte va être l’occasion de lui dire au-revoir et d'amorcer ce travail de deuil. Alors que ce décès a été trop soudain pour dire tout ce qu’on avait à dire, le rituel va rendre possible la communication et l’évacuation du trop plein d’angoisse. Le rituel est un ensemble de comportements, de gestes, d’attitudes, de moments se faisant dans un cadre spirituel, familial, religieux ou culturel. Il va apporter à celui qui l’accomplit un apaisement car il rend possible une proximité avec le défunt ; il permet également d’aller de l’avant et de passer à une autre étape de sa vie.
Surmonter cette douloureuse épreuve demande beaucoup d’efforts et cela est indispensable pour continuer à vivre. Chacun possède en soi suffisamment de ressources pour s’en sortir : il s’agit de se laisser le temps de revenir progressivement à la vie. Un professionnel de l’écoute peut vous aider dans ce long chemin qu’est la traversée du deuil : n’hésitez pas à demander de l’aide pour que cet événement dramatique ne soit pas insurmontable.
• Commentaires :
 |
Le 13/2/2012, par www.natachamaubant.c (www)
@ el diablo :
Vous avez vécu un drame immense et je vous encourage à vous faire aider. Reprendre le cours de votre vie vous prendra du temps et je vous souhaite tout le courage dont vous avez besoin pour aller de l'avant. Souvenez-vous que votre fils est décédé mais pas disparu puisqu'il reste présent dans vos souvenirs... Je vous souhaite de vous reconstruire sereinement. |
 |
Le 28/1/2012, par el diablo
mon fils est décédé le 02 decmbre 2011 il a 24 ans un accident à moto en rentrant du travail à cause de travaux mals signalés ilots et ensuite percuté dans une cage à pierres ces nouveaux ornements sur le bord des routes je viens de lire le texte j'ai besoin de chercher de comprendre car il est difficile de se projeter dans l'avenir quand il arrive ce qui est arrivé le manque est lourd le manque de vie dans la maison dans la chambre enfin tout tout mais il a un frère et pour lui il faut avancer mais c'est dur d'autant que son frère n'était que son seul repère après avoir lu je pense que nous allons consulter merci |
Par Natacha Maubant
Il est toujours difficile de se séparer de son partenaire mais cela l’est encore plus lorsqu’il nous quitte pour quelqu’un d’autre. On se sent anéanti, terriblement seul, dévasté et mille questions viennent se poser dans notre esprit embrouillé et confus. Comment a-t-il pu me faire ça ? Comment a-t-il pu trahir ma confiance ? Et pourquoi ? Qu’est-ce que l’autre a de plus que moi ? Que vais-je devenir ? Vais-je avoir la force de survivre à tout ça ? Comment faire confiance à nouveau ?
Face à une telle trahison, il est normal de se poser toutes ces questions et il est malheureusement courant de ne pas trouver de réponse ou que les réponses trouvées ne soient pas satisfaisantes. Comment pourraient-elles l’être ? Ces questions sont surtout révélatrices de notre désespoir et pour dépasser cet état de détresse, il faut d’abord l’accepter et le vivre. Il s’agit alors de se laisser aller à toute sa tristesse, prendre le temps qu’il faut pour cela et l’exprimer pleinement. Cette étape est primordiale car sans elle, le travail de reconstruction ne peut se faire.
S’entourer d’oreilles attentives et bienveillantes (ami, famille ou professionnel de l’écoute) est le deuxième pas vers une reconstruction. Exprimer sa douleur et sa colère auprès de quelqu’un de compréhensif va permettre de commencer à évacuer toutes ces émotions négatives. Petit à petit, ce sentiment d’être entendu et compris va soulager cette blessure et la douleur commencera à être moins forte. Cela fera prendre du recul sur la situation et pourra contribuer à y voir plus clair.
Le troisième pas va être de se recentrer sur soi et d’en profiter pour faire le point. De quoi ai-je besoin ? Qu’est-ce que je veux ? Qu’est-ce que je ne veux plus ? Qu’est-ce que je vaux ? Qu’est-ce qui me motive dans ma vie? Peut-être est-ce le moment de se créer de nouveaux objectifs et de se servir de cette épreuve pour se renforcer ? Pourquoi devrais-je subir cette situation ? L’autre a bafoué ma confiance et ne me méritait pas : je vaux mieux que cela ! Il s’agit ici de riposter et de sortir grandi de cet épisode.
Toutes ces étapes peuvent prendre du temps mais sont nécessaires afin de surmonter la douleur. Aucune souffrance n’est destinée à durer et chacun est capable de rassembler ses forces pour la dépasser. Il s’agit donc d’avoir confiance en soi et en son avenir et de ne pas rester seul face à cette blessure qui ne demande qu’à se refermer.
• Commentaires :
Par Natacha Maubant
Couple « imbriqué » ? Couple « juxtaposé » ? Couple « fusionnel » ? Dans La danse du couple (Serge Hefez, 2002), ouvrage que je vous conseille, l’auteur nous parle de ces trois types de couple. Je vous propose de vous décrire leur fonctionnement afin de vous aider à y voir plus clair.
Les couples imbriqués sont composés de deux membres appréciant l’un et l’autre d’être ensemble, mais se satisfaisant aussi d’activités indépendantes de l’autre. C'est-à-dire que le couple s’enrichit au cours du temps des apports des deux partenaires, mais que ceux-ci ne se définissent pas par leur couple. Chacun fait partie du couple et en même temps existe à l’extérieur de cette entité.
- Les partenaires ont réussi à aller au-delà de la période idyllique des débuts et à faire face à la réalité du partenaire. Chaque conflit actualise leur couple et fait évoluer leur relation. Ainsi, les membres de couples imbriqués se perçoivent tels qu’ils sont et parviennent à faire le deuil du partenaire idéal.
- Le couple est autonome et capable de faire face au monde extérieur sans pour autant s’en exclure : il navigue entre sa capacité à se rendre acceptable au sein de la société et sa capacité à préserver son monde interne. Chaque partenaire a un rôle plus ou moins défini. L’un va plus s’attacher à préserver la sphère intime du couple, et l’autre veillera plus aux autres sphères sociales. Il s’agit d’obtenir une reconnaissance de la part de l’environnement externe mais aussi de faire attention à ce que le couple ne déborde pas sur ces sphères sociales.
- Les partenaires ont tendance à communiquer de manière complémentaire, c'est-à-dire que le comportement de l’un complète celui de l’autre. Il s’agit de comportements différents que chacun adopte (chacun occupant une place bien définie dans le couple), mais qui s’adaptent l’un à l’autre. Chacun est donc capable d’entendre l’autre et la communication du couple s’en trouve plus fluide.
- Face aux conflits les couples imbriqués réagissent différemment et inventent de nombreuses solutions afin de se préserver. Les disputes aboutissent à une résolution réelle et ne touchent pas l’autre dans sa personne.
Dans un couple juxtaposé, les partenaires sont en « opposition totale », et ont tendance à fuir le couple afin de conserver leur individualité. C'est-à-dire que chacun vit à côté de l’autre et ne partage pas son univers avec lui.
- Les partenaires ne parviennent pas à accepter le partenaire tel qu’il est, c’est pourquoi il a tendance à fuir le couple pour se tourner vers l’extérieur. Ainsi, la période d’illusion a donné suite à celle de la désillusion : cette crise n’a pas permis de faire évoluer le couple car chacun s’est retiré dans sa sphère personnelle.
- Chaque partenaire a un rôle bien défini mais en dehors du couple. Ainsi, en débordant sur cette sphère sociale, le couple ne réussit pas à préserver sa sphère intime.
- La communication a tendance à être pauvre, voire inexistante surtout sur le plan émotionnel. Aucun des partenaires ne voit l’intérêt de communiquer avec l’autre, chacun protégeant son individualité, et un tel couple présente donc une absence communicationnelle ou une communication demeurant superficielle.
- La communication demeurant pauvre au sein des couples juxtaposés, il se peut qu’il y ait peu de conflits. Néanmoins, lorsque cela se produit, le conflit ne permet pas une résolution du problème puisque les membres du couple ne parviennent pas à effectivement communiquer entre eux de manière complémentaire.
Dans un couple fusionnel, les partenaires se définissent toujours par rapport à leur couple. L’individu n’a plus sa place car le couple est la sphère prenant toute la place. Chaque membre oublie ses propres centres d’intérêt et ne parle que de « nous » et plus de « je ».
- Les couples fusionnels n’ont pas réussi à abandonner l’illusion d’un couple idéal. Chacun cherche à amener l’autre vers lui pour qu’il soit idéal, parfait, et ne renonce jamais à cet idéal.
- Les sphères extérieures au couple sont inexistantes, seule la sphère intime domine : tout se fait par et avec le couple. Personne n’a de rôle défini puisque l’un est mêlé à l’autre : les partenaires sont donc interdépendants.
- Les membres d’un couple dit « fusionnel » communiquent beaucoup mais pas sur un mode complémentaire. En effet, leur mode symétrique de communication, c'est-à-dire où chacun « répond en miroir aux attaques de l’autre » (Hefez, 2002), amène à l’escalade. Ces comportements montrent une recherche de la similitude et une tentative d’abolir les différences entre eux. L’égalité entre eux n’étant pas possible, la communication peut rapidement aboutir à des conflits.
- Les conflits peuvent être fréquents et intenses au sein de couples fusionnels. En essayant continuellement de modeler l’autre pour qu’il soit comme soi (sachant que cela est forcément voué à l’échec), le conflit devient un combat qui peut être très violent. L’intensité des paroles de l’un et de l’autre peut ainsi les amener à tenir des propos touchant profondément l’individualité de l’autre. Cela correspond à des cercles vicieux où les mêmes schémas d’attitudes sont sans cesse répétés. Ces types de conflits, tels des jeux psychologiques interminables sont à différencier de la scène de ménage car celle-ci cesse et aboutit à une solution.
La description de ces trois types de couple reste quelque peu caricaturale et il ne s’agit pas d’affirmer que tout couple se définit strictement par l’un de ces trois types. En vérité, un couple peut se situer entre deux types et cela peut même changer au cours du temps. En effet, rien n’est définitif et au fil des épreuves que doit affronter un couple, son fonctionnement évolue et peut ainsi passer par ces trois types.
• Commentaires :
 |
Le 9/1/2012, par www.psyparis18.com (www)
@ Denis :
Votre commentaire est très juste c'est d'ailleurs pourquoi je ne cherche pas à "classer" les couples que je rencontre selon ces trois types. Je ne conçois pas ces types comme des catégories à part entière mais plus comme des repères qui peuvent aider dans la prise en charge thérapeutique d'un couple. Il est vrai qu'il existe d'autres théories et je ne les connaît sûrement pas toutes; peut-être souhaitez-vous exposer la théorie qui vous semble la plus adaptée à une pratique de thérapeute de couple? |
 |
Le 31/12/2011, par Denis
Le fonctionnement d'un couple ne peut décemment pas être analysé selon une grille de lecture, trop emprunte de psychanalyse, avec seulement 3 entrées ! Il y a autant de fonctionnements que de couples ! Il existe d'excellents tests validés scientifiquement et des auteurs qui ne font pas rentrer les couples dans un système triphasique ... |
Par Natacha Maubant
L’estime de soi est un phénomène complexe, abstrait et subjectif qui est le plus souvent inconscient. C’est la manière dont on se perçoit : positivement ou négativement. Si cette perception de soi est positive, cela permet de se sentir bien et de faire face efficacement à diverses difficultés. Si elle est négative, le quotidien en devient perturbé et cela engendre des souffrances.
S’estimer, c’est juger sa propre personne de la façon la plus objective possible : l’estime de soi trouve ainsi sa place entre le fait de se sous-estimer et se sur-estimer. Par exemple, si une personne s’attribue une valeur personnelle excessivement positive avec uniquement des qualités, ou à l’inverse, si elle se dévalorise en permanence sans reconnaître la moindre qualité, son jugement d’elle-même n’est pas réaliste. L’estime de soi correspond donc à un jugement réaliste de soi-même qui admet ses qualités et ses forces, autant que ses défauts et ses faiblesses.
En se jugeant justement, une personne surmontera beaucoup plus facilement les obstacles de la vie auxquels elle sera confrontée. Se juger justement, c’est développer :
-
La connaissance de ses forces et de ses faiblesses
Se connaître, c’est reconnaître ses capacités et ses difficultés (physiques, intellectuelles, relationnelles et créatrices) ; c’est aussi savoir reconnaître ses besoins et ses sentiments et pouvoir les exprimer. Qu’est-ce qui vous caractérise ? Vos qualités/défauts, vos valeurs, vos besoins : quels sont-ils ? Utilisez vos atouts et contournez vos faiblesses pour atteindre au mieux vos objectifs !
-
La connaissance de son comportement envers autrui
Son attitude en groupe, en relation duelle, face à un public : comment se positionne-t-on ? Exprimer une opinion, une demande, une critique, un refus : est-ce un comportement habituel ou difficile à envisager ?
Que vous soyez expansif ou introverti, timide ou sûr de vous, peu importe ! Le plus important est que vous ayez conscience de cela pour vous en servir. Par exemple, si vous avez tendance à être en retrait face à autrui, vous pouvez vous en servir pour être particulièrement à son écoute et être apprécié pour cela.
-
Le souvenir des expériences réussies
Avoir conscience de ses réussites va engendrer de la motivation à poursuivre ses buts car cela implique une confiance dans sa propre capacité à les atteindre, rendant encore plus possible les succès à venir. Ainsi, cela se développe au cours du temps et se renforce au fil des expériences positives vécues ayant débouchées sur des succès. Cela permet de créer un cercle vertueux : le sentiment de compétence entraîne plus facilement de la réussite, qui engendre un sentiment de compétence encore plus renforcé.
Avoir une meilleure estime de soi est à la portée de chacun et cela passe par le développement de sa connaissance de soi. Apprenez sur vous, vous vous estimerez plus justement et serez moins vulnérable face aux difficultés de la vie ! • Commentaires :
Par Natacha Maubant
Comment conserver un juste équilibre entre sa sphère personnelle et sa sphère de couple ? Comment donner à l’autre sans que ça coûte de trop? Quelle place pour soi ? Des concessions…oui, mais jusqu’à quel point ?
Toutes ces questions (et bien d’autres… !) se posent lorsqu’on partage une vie de couple. Pour y répondre, il est nécessaire, dans un premier temps, de bien se connaître. C’est-à-dire de savoir quelles sont ses qualités, ses défauts, quelles sont les valeurs importantes à ses yeux, ses objectifs (à court, moyen et long terme), etc. Savoir se définir, c’est le premier pas vers l’épanouissement. C’est en quelque sorte parvenir à se dire : « je sais ce que je vaux (mes bons, mes mauvais côtés), ce que je veux et ce que je ne veux pas/plus ».
Dans un second temps, il s’agit de comprendre quel type de relation de couple on a envie de vivre. Est-ce une relation avec beaucoup de proximité où il est important de partager de nombreuses choses ? Est-ce plutôt une vie de couple où conserver une certaine indépendance reste primordial avec le partage de certains moments choisis ? Ou entre les deux, une sorte d’équilibre entre moments à soi et moments avec l’autre ?
En réalité, il n’y a pas de « recette miracle », mais vous pouvez créer votre propre recette bien à vous! La plupart du temps, il s’agit de trouver un juste équilibre entre sa sphère personnelle (faire des choses pour soi) et sa sphère de couple (faire des choses avec l’autre). Mais les besoins de chacun peuvent être très différents. Ainsi, une personne peut avoir un grand besoin d’indépendance et une autre, au contraire, un grand besoin de partager des choses avec l’autre : deux personnes très opposées comme cela auront donc des difficultés à s’épanouir ensemble.
Idéalement, il s’agit d’être en couple avec une personne qui a, à peu près, les mêmes envies d’indépendance et de partage que soi. Si vous êtes deux à vouloir une relation très fusionnelle, vous n’aurez pas besoin de laisser une trop grande place à vos activités personnelles ; si, au contraire, chacun nécessite une grande indépendance, votre sphère conjugale n’aura pas besoin d’être très développée ; et si vous êtes deux à penser qu’il est important que tout cela soit équilibré à 50-50, vous vous épanouirez aisément entre indépendance et partage.
Il y a toujours une différence (infime ou importante) entre les besoins de deux personnes mais il faut prendre en compte cette différence et essayer de trouver un juste équilibre entre les deux. Faire des concessions devient donc nécessaire mais cela, aussi, doit être partagé… • Commentaires : |
|